Le « Martinisme » est le nom communément donné à une théosophie mystique secrète, concernant l’origine et la destinée de l’homme.
La source de ces enseignements se perd dans les antiquités de l’histoire, mais elle fut conçue et façonnée en une philosophie cohérente et une école spirituelle par trois figures distinctes, donnant naissance au nom de « Martinisme » : Martinez de Pasqually, et ses deux disciples et amis Louis-Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz.
Le Travail du Martiniste
« Souviens-toi toujours que l’Homme est le chef-d’œuvre de la création, que l’Éternel émana à son image et à sa ressemblance. Que cela pénètre la nature immortelle de ton âme, et sépare doucement ton noyau céleste et impérissable de tous les alliages étrangers qui ont pu se former en toi. »
— Jean-Baptiste Willermoz 1730-1824
L’O∴R∴C∴ enseigne la tradition martiniste dans ses trois branches par l’initiation, l’accompagnement, l’étude personnelle, la méditation, la magie et l’alchimie intérieure.
Ces disciplines ésotériques arment l’initié dans sa quête spirituelle, et conduisent à la révélation de ce que la tradition nomme le Mystère Unique — la gnose individuelle de sa véritable nature.
Le martinisme est une tradition initiatique où le travail rituel unifie et déploie les enseignements par une participation active à ses mystères.
Dans la vie intérieure de l’homme se trouvent des forces, des mouvements et des puissances que les mots peinent à transmettre, mais qui peuvent s’exprimer avec aisance et précision par ce qui est sans parole : par l’action, la gnose et le silence.
La vie et la mort, l’amour et la haine, l’esprit et les émotions sont des facettes de l’être si pénétrantes que l’homme, tout au long de l’histoire, a créé des mythes pour s’exprimer et se refléter en elles, mû par le désir d’en percevoir le sens. Nous considérons tout cela comme l’expression de notre aspiration à comprendre notre origine, notre essence et notre sens.

Les mythes donnent naissance aux symboles ; la vie est une lumière dans les ténèbres ; la mort un cadavre froid, la renaissance une rose jaillissante. L’amour est un feu chaud mais dévorant, l’esprit une épée à double tranchant. — Elle peut diviser ce qui est entier, mais aussi percer le mensonge et l’illusion.
Ce langage des images parle à quelque chose de profond en nous, au-delà du temps et de la culture. Lorsque nous atteignons l’origine abyssale de notre être, un dialogue s’engage avec nous-mêmes, auquel nous ne parvenons pas à prendre part lorsqu’il est noyé sous le bruit, les images fugaces et les vaines perceptions sensorielles de la conscience quotidienne et mondaine.
À travers une série d’initiations, appelées grades, le chercheur descend de plus en plus profondément en lui-même, et découvre peu à peu des aspects de son être qui sont les racines de l’inquiétude, du trouble et de l’agitation existentielle qui imprègnent la vie dans laquelle nous naissons tous.
Par le langage du mythe — de l’expérience plutôt que des mots —, la tradition cherche à dire que tous les hommes, au temps d’avant le temps, se trouvaient dans un état de parfaite clarté, de compréhension de soi, de gnose, de repos et d’harmonie, qui semble désormais perdu. Mais qui persiste encore dans le silence sacré, au cœur de tous les hommes et de toutes les femmes.
À travers les rituels d’initiation, nous pressons plus profondément en nous-mêmes, nous levons les voiles illusoires qui entretiennent notre oubli de la lumière perdue, et l’on se tient face à face avec la vérité sur qui l’on est.
La lumière que nous portons tous chasse les ombres de la nuit, et le soleil intérieur se lève des ténèbres : l’Illumination.
Telle est la voie de la gnose de soi, où l’Ordre ne peut dire au chercheur qui il est, mais lui donne les symboles, les outils et la communauté nécessaires sur le chemin de la conquête de soi : devenir qui nous sommes.